Son métier : « Murisseur » de bananes
Si si c’est vrai, ça existe !

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Ou lisez le résumé…

Le métier de Benoit ressemblerait presque à une blague… Il fait murir des bananes…
La banane c’est le 1er fruit commercialisé dans le monde 40 millions de tonnes par an.
En France c’est petit joueur avec seulement 550 000 tonnes, 8/9KG par habitant…
Chez Benoit c’est quand même 35 000 tonnes /an, 100 000 kg/jour.

Comment est-il arrivé là ?
Bonne question….Après des études d’ingénieur agro puis d’horticulture Benoit bosse chez un grossiste de fruits et légumes, il touche aux achats et aux ventes et lorsqu’une murisserie industrielle ouvre c’est le début de l’aventure pour lui, Lille, Madrid, Barcelone, Bordeaux, Nantes, Tours… Partout la banane murie…

Elle fait 8000 à 10 000 km de trajet depuis La Martinique, La Guadeloupe, l’Équateur, la République Dominicaine ou la Colombie, jusqu’aux ports de Porthmouth, du Havre, d’Anvers, de Rotterdam. Benoit ne bosse plus avec le port d’à côté… trop de grèves et la Banane ne supporte pas les Grève ! Oui Madame ! Elle est fragile et n’aime pas etre en retard !

Arrivée à destination elle n’est pas prête à être consommée. Cueillie verte pour voyager sans dommage on déclenche son murissage en fonction des commandes, selon un planning bien ficelé. 40 jours max de la cueillette à la conso, c’est serré ! 1 jours de trop et c’est foutu ça part aux zoos !

Pour transformer l’amidon de la banane verte en sucre on joue sur l’atmosphère gazeuse dans les chambres de murissages. Airbag pour presser l’air dans les cartons, sondes… un sacré matériel pour déclencher et contrôler les différents stades de maturation. Mais attention ! sous sons air simplet la banane c’est technique, le murissage demande de la précision pour garder une évolution homogène au cœur de chaque « doigt » de banane, de chaque carton, de chaque palette …. surtout qu’une fois la maturation déclenchée on ne l’arrête plus !

Pour que le client soit content, la colorimétrie c’est aussi hyper important, l’emballage naturel est tout aussi inspecté que le fruit en lui même, pire qu’un packaging artificiel !
De verte à tacheté en passant par le jaune qu’on lui connait, attention vigilance extrême !
Grande distribution, grossiste, collectivité, bio, il en faut pour tous les goûts… et toutes les exigences…Un fournisseur colombien est même capable de calibrer chaque doigt à 120g pour respecter les poids attendus dans les collectivités…

Bref dans tout ça la clés c’est la logistique et l’organisation… Parce qu’au moindre accroc économique, monétaire, politique, climatique où que ça soit dans le monde tout est chamboulé…

Bref si tu veux de l’adrénaline abandonne la City et viens faire murir des Bananes !

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